Rock, engagements, émancipations (1950-2020)

Auteur de l'annonce
Joann ÉLART
Date de l'évènement
Type d'évènement
Appel à communication/Call for papers

Présentation générale

Dans la conscience collective, Woody Guthrie (1912-1967) incarne un musicien engagé contre toutes les injustices sociales et économiques. Il est l’un des protest singers les plus connus de la première moitié du XXe siècle, celui qui, convaincu du pouvoir de la musique et de ses mots, avait affiché sur sa guitare l’inscription : “This machine kills fascist”. John Steinbeck l’associait même à l’esprit de liberté et de résistance qui animerait le peuple américain. La réalité, telle qu’elle nous a été confiée par ses biographes, fait apparaître un musicien au discours plus complexe et dont l’engagement idéologique progressiste doit être partiellement nuancé. Néanmoins, même avec ses ambiguïtés, il représente un chanteur qui, par ses mots, fit courageusement état de ses convictions contre l’oppression et en faveur de la liberté d’expression. Il fut enfin, peut-être et surtout, pour les amateurs de rock, celui qui allait inspirer Bob Dylan, Bruce Springsteen aux États-Unis ou Joe Strummer (connu sous le surnom de Woody pendant ses années pré-Clash) au Royaume-Uni, soit trois figures emblématiques du musicien engagé du dernier tiers du XXe siècle dans le monde du rock anglophone. De même, mais à l’inverse et s’ils sont souvent plus discrets, on relève quelques groupes / chanteurs·chanteuses qui ont affiché un soutien déterminé à une idéologie droitière et parfois extrême. Il y a donc une tradition d’engagement politique aux accents idéologiques divers dans la musique rock qui remonterait à d’anciennes figures charismatiques, en un combat inlassablement renouvelé et transformé par de nouveaux musiciens.
Cet engagement dans la chanson n’est évidemment pas récent et bien avant l’avènement de la musique enregistrée, les ballades du Moyen-Âge, de l’époque moderne ou les chansonniers du XIXe et XXe siècles furent, en particulier lors d’événements ou de situations de crises (guerres, révoltes, frondes, révolutions, etc.), des armes de combat fréquemment utilisées par les polémistes et redoutées par les pouvoirs et les autorités. La musique, le rock et toutes ses déclinaisons n’ont donc jamais été à l’écart de la prise de parole politique, même si dans le cas d’une musique née au début des années 50, elle a pu apparaître à l’occasion naïve, limitée, voire démagogique. De même, cet engagement politique a pu se muer dans les dernières décennies en un combat émancipateur porteur d’une volonté de prise de conscience multiple, autour de la défense de quelques grandes causes environnementales ou de lutte contre les injustices sexuelles, sociales, politiques et économiques planétaires.

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